LA RENAULT 19 EN 19 POINTS : DU PROJET X53 A LA RENAULT 19.

La Renault 19 est née en 1988. Elle est issue du projet X53 élaboré par les designers et les techniciens Renault, destinée à remplacer la vieillissante Renault 9, qui disparaîtra définitivement du marché en 1990. Le produit doit être un concentré de modernité et de qualité. De la conception à la fabrication, des premières maquettes à la sortie d’usine, vous allez découvrir dans cette article les dessous d’une voiture que vous croisez encore régulièrement dans la rue et qui n’auront bientôt plus de secret pour vous. 42 mois auront suffit à sa création, 42 mois palpitants d’une aventure extraordinaire d’un modèle qui sera dérivé en plusieurs versions : berline deux volumes, berline trois volumes baptisée « Chamade » et Cabriolet au début des années 1990.

1/ La conception

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1. Les premières esquisses marquent le lancement du projet X53 dès novembre 1984. Il aboutira, 42 mois plus tard, à la fabrication en série d’une nouvelle Renault.

2. Le cahier des charges est établit : il dicte les « caractéristiques qui positionneront la future voiture sur l’échiquier mondial ». Il établit aussi les impératifs liés à la sécurité et au confort des futures occupants, tout en tenant compte des contraintes industrielles.

3. La conception et la fabrication sont assistées par ordinateur (CAO). Ce procédé est plus rapide et précis et permet de multiplier les esquisses. La première voiture de l’histoire qui sera conçue à l’aide de ce procédé sera la Citroën GS en 1970. Le crayon n’est donc plus le seul outil du designer.

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4. Les designers fabriquent plus de dix maquettes réduites au 1/5ème en plastiline (glaise synthétique). Avec une exactitude proche de la perfection, les maquettes doivent préfigurer la voiture définitive. Puis le projet atteint sa véritable dimension. Les designers s’appuient sur les modèles réduits.

5. Le design intérieur est une tâche difficile : les sièges doivent être confortables sans encombrer, la planche de bord doit mêler beauté et fonctionnalité. Puis les designers de la X53 choisissent les tissus de l’habitacle, marient teintes de carrosserie et motifs des sièges.

6. Dix mois après les premières esquisses, l’aspect définitif du projet X53 est gelé. Entre la maquette grandeur nature et la version qui sera montée en usine trois ans plus tard, seuls quelques détails pourront différencier.

7. Dans la soufflerie de Saint-Cyr, la X53 prend l’air. Le but fixé est d’atteindre un Cx minimal, de s’assurer du bon refroidissement du moteur et des freins, ainsi que de la stabilité de la clim quelque soit la vitesse.

2/ Les motorisations

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8. Sur les cinq moteurs développés sur la gamme X53, trois sont entièrement nouveaux :

- le 1,4 l Energy ;

- le 1,9 l Diesel ;

- le 1,8 l de 140 ch à 4 soupape / cylindre.

A l’autre extrémité de la gamme, le 1,4 Cléon équipera les modèles de base. Puis, le 1,7 l subira d’importantes modifications avant d’équiper la X53.

9. Avant l’épreuve de la route, il y a celle des bancs d’essai. Les techniciens enregistrent pendant 750 heures les battements d’un cœur de X53. Ausculté par ordinateur, le moteur subit d’incessants changements de régime avant de pouvoir animer la future Renault. Les gaz d’échappements sont analysés afin de s’assurer de leur conformité aux normes de dépollution requises dans les pays où la législation est plus sévère.

10.  Les boîtes de vitesses sont également contrôlées, testées. Certains bancs d’endurance simulent jusqu’à 15 000 km d’une utilisation intensive. Au cours de tels essais, on effectue couramment jusqu’à 200 000 passages de vitesses.

11. Après avoir été testés séparément, chaque organe rejoint son emplacement sur la X53. Les performances du véhicule peuvent maintenant être mesurées sur un banc à rouleau. D’autres installations permettent de déterminer la flexibilité de suspension idéale en fonction du poids des différentes versions ou de régler la géométrie des trains.

12. La X53 va subir les pires conditions climatiques avant même d’avoir parcouru le moindre km. Dans la chambre altimétrique, elle subit des températures de –20° C à + 40°C. Elle est aussi enfermée dans un congélateur à -40°C avant d’essuyer les pluies torrentielles.

13. Les essayeurs auront parcourus plus de 7,5 millions de km pour tester tous les organes de la X53. Ils répercutent la moindre anomalie au service compétent afin d’y trouver des solutions.

14. Dans les centres de Lardy et d’Aubervoye, la X53 est testée sur les pavés ou sur de la tôle ondulée. Chacun de ces kms équivaut à des dizaines de kms d’autoroute.

15. La X53 subit de nombreux crash-tests.

16. Sur l’anneau de vitesse d’Aubervoye, les performances des différentes versions de la X53 sont mesurées. Fini le nom de code, voici la Renault 19.

3/ La fabrication

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17. Quatre usines fabriquent la Renault 19 :

- Maubeuge s’occupe du montage et de la finition ;

- Cléon en France et Valladolid en Espagne produisent les moteurs ;

- A Douai s’opère un cycle complet de fabrication.

Il faut 16 heures pour fabriquer une Renault 19 (pour une Renault 11, il fallait 21 heures). Il s’agit d’une révolution.

18. L’objectif de Renault est la qualité, notamment à l’aide du logiciel « Perceval » : c’est un système informatique qui dispose des données numériques établies lors de la conception de la voiture. Tous les postes importants de tôlerie sont équipés de palpeurs qui, en relation avec les données de référence, vérifient régulièrement la conformité des pièces, des sous-ensembles, des caisses complètes afin de reproduire l’exactitude du prototype aux modèles de série. Le réglage de train avant sur roue et l’utilisation des caméras laser confèrent à la Renault 19 des qualités géométriques exceptionnelles.

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19. Les robots Renault assemblent les éléments sortis des presses. Grâce au contrôle par laser et caméras, les caisses de la R19 peuvent se prévaloir de qualités géométriques exceptionnelles.